mardi 27 mars 2007

Garde la pêche!

"Je viens pas de la té-ci mais de Marly...je viens pas de Panam mais..." Qui n'a pas entendu ce morceau qui passe en boucle et dans lequel un jeune rappeur black nous parle du malaise des jeunes ruraux. Enfin, il parle surtout de son malaise à lui vu qu'il sait pas trop comment il a atterri dans ce bled. En tant que jeune femme issue de l'immigration (moi je préfère dire de la décolonisation) et de la campagne (bien) française, je me suis tout de suite sentie concernée par le sujet. Je me suis dit mais pourquoi tout le monde se marre en écoutant ce truc. Je me disais, ils y ont pensé à ces jeunes avant de se marrer? Maintenant que le décor est planté, je peux donc dire comme Kamini que je ne viens pas d'un ghetto mais d'un tout petit village (j'insiste sur le "tout petit"merci). Attention bien que petit, c'était pas n'importe quel village non plus! Un village circulaire (t'aimerais bien savoir ce que c'est un village en circulades hein?) paumé parmi d'autres villages circulaires, bon ok y en avait aussi des rectangulaires, des en forme de trapèze, d'autres sans queue ni tête, bref un tas de minuscules villages en pleine campagne Audoise. Je disais donc que ce charmant village circulaire (c'est pas ironique, c'est vraiment charmant, en plus ça te fera réviser les débuts de l'urbanisme en Europe médiévale) était au coeur de rien du tout. Enfin si, des champs de blé,des plaines, une petite montagne noire ,une cité de Carcassonne (mais bon, le seul truc c'est qu'elle était à 20 bornes la belle cité médiévale et surtout y avait pas de métro, pas de bus non plus, si si, c'est vrai). Des champs de Tournesols, des vignes à perte de vue, mais toujours pas de MJC à l'horizon... Normal, tu me diras y a pas de jeunes. Faux! Y en a pas beaucoup, c'est pas pareil... Y avait bien ma soeur et mon frère (plus jeunes que moi) avec qui je pouvais jouer aux Cités d'Or dans le jardin (tu connais pas le jeu des Mystérieuses Cités d'Or ? ben tu sors d'où toi sérieux?). Parfois quand l'envie (l'ennui?) me prenait de changer de décor, je pouvais aller me poser sur un banc municipal entre 2 mémés qui parlaient patois (bon moi, à l'époque, je parlais aussi bien le français que l'arabe mais pour le patois je te jure c'était chaud...) ou bien alors m'incruster discrètement au milieu d'un groupe de vieux retraités qui squattaient tout le temps la place publique (la seule) du village! D'ailleurs, certains pépés parfois tapaient la discut' mais c'était pas de l'arabe, pas du français non plus, ni du patois... Wesh,qu'est ce tu me parles toi? Longtemps après, j'ai compris qu'il s'agissait de réfugiés espagnols. Ado, j'adorais particulièrement reprocher à mes parents de m'avoir "enterrée vivante"! Ça peut être violent une ado en colère non? Tout ça, c'était pour te dire qu'à cette époque, je mesurais pas la chance que j'avais de pouvoir grandir telle une petite sauvageonne (que je suis restée) en pleine nature (quasi) sauvage aussi... Le bonheur de courir pieds nus dans l'herbe fraîchement arrosée, les cerises que l'on cueille en s'accrochant à l'arbre, les tomates que l'on croque à pleine dent, les grillades dans le jardin dès l'arrivée des beaux jours et le chant des criquets. Tout ça, tu vois, je comprenais pas.

dimanche 25 mars 2007

Divan blog?

Il y a déjà 2 ans que j'ai découvert l'existence d'une communauté de blogger. Pas spécialement branchée réseaux ou autres NTIC, ma curiosité m'a poussé à approfondir cette découverte. Je suis plutôt addict au carnet de notes perso que je trimballe au fond de mon sac, et sur lequel j'écris frénétiquement dès que l'envie (ou le besoin) se fait sentir! Dans un café enfumé (plus pour longtemps), dans un train en direction du Sud, dans un appartement entourée d'inconnus, chez mes parents (surtout chez mes parents!), dans mon appartement, seule ou avec une amie, devant mon mec (rarement), toute seule (le plus souvent!)... J'écris donc n'importe ou, ou plutôt un peu partout, du moment que ça me soulage. Je disais donc que j'avais découvert l'existence de carnets intimes ultra high tech grâce auxquels un nombre incroyable de gens tentaient de faire la même chose que moi! Écrire (n'importe quoi peut être) mais écrire quand même. C'est fou non? Parmi cette foule d'anonymes qui se bouscule sur le web, j'ai découvert des univers vraiment surprenants: - Comme celui de cette jeune fille qui vit dans la ville rose et qui depuis le film de Sofia Coppola sur Marie-Antoinette se prend pour une princesse. Sorte de Barbara Cartland 2007. Du rose, du rose toujours du rose encore du rose (pour avoir vécu à Toulouse, je vous interdit de vous moquer, ça peut atteindre le cerveau vite fait bien fait!). Elle nous parle dans son blog de sa boisson favorite, le thé de Noël (?). Elle cause aussi de masques hydratants ultra design,de sacs qui coûtent la moitié d'un SMIC, elle parle aussi de ses sorties du samedi après-midi... ou ça? ben ou ça à votre avis? Au salon de thé bien sûr! Au détour de syndromes prémenstruels, elle te parle vite fait de son Prince, celui qui a la chance de partager sa vie de château. Elle nous rappelle combien ça peut être utile un petit ami, surtout lorsque l'évier est bouché... - Il y a aussi le blog de M., une femme libre, mûre et insoumise qui a même eu droit à son quart d'heure de gloire (bon, j'exagère un peu, il ne s'agissait que d'une interview dans libé... mais bon quand même). M.au moins, c'est une grande fille, elle sait que le Prince charmant s'est cassé la gueule il y a un longtemps, en tombant bêtement du haut de son beau cheval blanc. - Si (je dis bien si) je devais décerner la palme d'or du blog qui tue tout,j e l'attribuerai à A. sans hésitation aucune, jeune célibattante parisienne aux amours complexes (voire complexantes!). A., c'est pas le genre de fille à se prendre pour une princesse. C'est plus Xena la guerrière que Candy au pays des bisounours, si tu vois ce que je veux dire! Son truc à elle, c'est pas le thé de Pâques (?) mais plutôt la bonne binouze bien fraîche, le pot de mousse comme elle l'explique si bien. C'est aussi les terrasses de café, les soirées arrosées, les nuits blanches et les voyages immobiles. Que du lourd! Va pas t'imaginer que je sois sexiste, attention, pas du tout, je survole également des blogs de garçons. Par exemple, je traîne un peu sur celui de H. ,journaliste parisien bobo (c'est un pléonasme non?)qui partage volontiers ses théories historico-socio-économico-politicardes (poli tocardes?). Je dois avouer que ce n'est pas par le plus pur des hasard que j'ai atterri sur son espace de blabla mais bien sur les conseils de R. (un ami qui le connaît pour avoir travaillé avec lui). J'ai même poussé l'audace jusqu'à boire un verre avec H. C'est fou non? Rencontrer un blogger en vrai! Prendre le café avec H., c'est réaliser à quel point il en sait des choses, à quel point blogger c'est un peu comme militer, que c'est aussi vachement de communication (un besoin dingue de persuasion non?) et patati et patata... En plus, grâce à son blog, tout le monde sait pour qui H, va voter le mois prochain. (un indice? c'est une femme). Ça sert vraiment à tout et à n'importe quoi un blog. Alors pourquoi pas moi?
Avant de conclure, je me sens dans l'obligation morale de dire ici (et partout ailleurs) que je ne laisse pas tomber mes carnets de bord, mais que je vais me servir de ce blog pour compléter, archiver (améliorer!) et surtout partager ma manie d'écrire (vraiment n'importe quoi).
C'est donc à mon tour de me jeter dans l'arène de la blogosphère. Je suis prête (enfin je crois).