"Je viens pas de la té-ci mais de Marly...je viens pas de Panam mais..."
Qui n'a pas entendu ce morceau qui passe en boucle et dans lequel un jeune rappeur black nous parle du malaise des jeunes ruraux.
Enfin, il parle surtout de son malaise à lui vu qu'il sait pas trop comment il a atterri dans ce bled.
En tant que jeune femme issue de l'immigration (moi je préfère dire de la décolonisation) et de la campagne (bien) française, je me suis tout de suite sentie concernée par le sujet.
Je me suis dit mais pourquoi tout le monde se marre en écoutant ce truc. Je me disais, ils y ont pensé à ces jeunes avant de se marrer?
Maintenant que le décor est planté, je peux donc dire comme Kamini que je ne viens pas d'un ghetto mais d'un tout petit village (j'insiste sur le "tout petit"merci).
Attention bien que petit, c'était pas n'importe quel village non plus!
Un village circulaire (t'aimerais bien savoir ce que c'est un village en circulades hein?) paumé parmi d'autres villages circulaires, bon ok y en avait aussi des rectangulaires, des en forme de trapèze, d'autres sans queue ni tête, bref un tas de minuscules villages en pleine campagne Audoise.
Je disais donc que ce charmant village circulaire (c'est pas ironique, c'est vraiment charmant, en plus ça te fera réviser les débuts de l'urbanisme en Europe médiévale) était au coeur de rien du tout.
Enfin si, des champs de blé,des plaines, une petite montagne noire ,une cité de Carcassonne (mais bon, le seul truc c'est qu'elle était à 20 bornes la belle cité médiévale et surtout y avait pas de métro, pas de bus non plus, si si, c'est vrai).
Des champs de Tournesols, des vignes à perte de vue, mais toujours pas de MJC à l'horizon...
Normal, tu me diras y a pas de jeunes.
Faux! Y en a pas beaucoup, c'est pas pareil...
Y avait bien ma soeur et mon frère (plus jeunes que moi) avec qui je pouvais jouer aux Cités d'Or dans le jardin (tu connais pas le jeu des Mystérieuses Cités d'Or ? ben tu sors d'où toi sérieux?).
Parfois quand l'envie (l'ennui?) me prenait de changer de décor, je pouvais aller me poser sur un banc municipal entre 2 mémés qui parlaient patois (bon moi, à l'époque, je parlais aussi bien le français que l'arabe mais pour le patois je te jure c'était chaud...) ou bien alors m'incruster discrètement au milieu d'un groupe de vieux retraités qui squattaient tout le temps la place publique (la seule) du village!
D'ailleurs, certains pépés parfois tapaient la discut' mais c'était pas de l'arabe, pas du français non plus, ni du patois...
Wesh,qu'est ce tu me parles toi?
Longtemps après, j'ai compris qu'il s'agissait de réfugiés espagnols.
Ado, j'adorais particulièrement reprocher à mes parents de m'avoir "enterrée vivante"!
Ça peut être violent une ado en colère non?
Tout ça, c'était pour te dire qu'à cette époque, je mesurais pas la chance que j'avais de pouvoir grandir telle une petite sauvageonne (que je suis restée) en pleine nature (quasi) sauvage aussi...
Le bonheur de courir pieds nus dans l'herbe fraîchement arrosée, les cerises que l'on cueille en s'accrochant à l'arbre, les tomates que l'on croque à pleine dent, les grillades dans le jardin dès l'arrivée des beaux jours et le chant des criquets.
Tout ça, tu vois, je comprenais pas.
mardi 27 mars 2007
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1 commentaire:
J'avoue, je savais pas ce que c'était les villages circule y a rien à voir là...alors qu'en fait si, y en a des choses. Mais je comprends tout à fait que tu comprenais pas.
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