vendredi 20 juillet 2007

So many faces...

So many faces dans ce bateau rouge... Des jumeaux qui ne se ressemblaient pas, un MC qui ne voulait pas "conscientiser" les esprits gratis. Le lendemain:fusion, publipostage, mails, fax , téléphones qui sonnent, bout du tunnel quai de la gare? Littérature-prisunic, musique-MTV base, rue Pasteur, bombes Montana, pitt-bull indisposé. Tatouages d'Amour écrit sur l'asphalte avec de la craie blanche, inscrits sur les miroirs d'un bar des années 30', s'accrocher au comptoir pour ne pas s'évanouir. Dgiz avec qui l'onde pourrait être si belle... Délimiter ou re-militer? Me soulager. Croire à nouveau, malgré la céramique qui va se poser sur mes dents à la rentrée! En attendant arrêter le vin blanc, les chemins de fer et les paradis artificiels? Tuer Peter Pan.Aimer Peter Pan? Ne pas faire volte face mais sauver sa face!

mercredi 4 juillet 2007

Aragon style!

Il y a des choses que je ne dis a Personne Alors Elles ne font de mal à personne Mais Le malheur c'est Que moi Le malheur le malheur c'est Que moi ces choses je les sais

Il y a des choses qui me rongent La nuit Par exemple des choses comme Comment dire comment des choses comme des songes Et le malheur c'est que ce ne sont pas du tout des songes

Il y a des choses qui me sont tout à fait Mais tout à fait insupportables même si Je n'en dis rien même si je n'en Dis rien comprenez comprenez moi bien

Alors ça vous parfois ça vous étouffe Regardez regardez moi bien Regardez ma bouche Qui s'ouvre et ferme et ne dit rien

Penser seulement d'autre chose Songer à voix haute et de moi Mots sortent de quoi je m'étonne Qui ne font de mal à personne

Au lieu de quoi j'ai peur de moi De cette chose en moi qui parle

Je sais bien qu'il ne le faut pas Mais que voulez-vous que j'y fasse Ma bouche s'ouvre et l'âme est là Qui palpite oiseau sur ma lèvre

O tout ce que je ne dis pas Ce que je ne dis à personne Le malheur c'est que cela sonne Et cogne obstinément en moi Le malheur c'est que c'est en moi Même si n'en sait rien personne Non laissez moi non laissez moi Parfois je me le dis parfois Il vaut mieux parler que se taire

Et puis je sens se dessécher Ces mots de moi dans ma salive C'est là le malheur pas le mien Le malheur qui nous est commun Épouvantes des autres hommes Et qui donc t'eut donné la main Étant donné ce que nous sommes

Pour peu pour peu que tu l'aies dit Cela qui ne peut prendre forme Cela qui t'habite et prend forme Tout au moins qui est sur le point Qu'écrase ton poing Et les gens Que voulez-vous dire Tu te sens comme tu te sens Bête en face des gens Qu'étais-je Qu'étais-je à dire Ah oui peut-être Qu'il fait beau qu'il va pleuvoir qu'il faut qu'on aille Où donc Même cela c'est trop Et je les garde dans les dents Ces mots de peur qu'ils signifient

Ne me regardez pas dedans Qu'il fait beau cela vous suffit Je peux bien dire qu'il fait beau Même s'il pleut sur mon visage Croire au soleil quand tombe l'eau Les mots dans moi meurent si fort Qui si fortement me meurtrissent Les mots que je ne forme pas Est-ce leur mort en moi qui mord

Le malheur c'est savoir de quoi Je ne parle pas à la fois Et de quoi cependant je parle

C'est en nous qu'il nous faut nous taire

Louis Aragon (1963)

mardi 3 juillet 2007

Etre ou ne pas être de gauche?

C'est quoi être de gauche dans "la France d'après"? J'ai lu un article posté sur un blog et j'ai trouvé cette définition de Deleuze particulièrement juste. Alors Raphael? C'est quoi être de gauche? Lis donc ça...on en reparle! « C’est d’abord une affaire de perception. Ne pas être de gauche, c’est quoi ? c’est un peu comme une « adresse postale ». Partir de soi, la rue où l’on est, la ville, le pays, les autres pays, de plus en plus loin. On commence par soi et dans la mesure où on est privilégié et où on est dans un pays riche, on se dit « Comment faire pour que la situation dure ? ». On sent bien qu’il y a des dangers et que cela ne va pas durer. Oulala la Chine …comment faire pour que l’Europe dure encore, etcetera. Etre de gauche, c’est l’inverse. C’est percevoir d’abord le pourtour des choses. Le monde, le continent, l’Europe, la France, la rue de Bizerte, moi. C’est un phénomène de perception, percevoir d’abord l’horizon. Ce n’est pas par générosité, ni par morale, c’est une question d’adresse postale. Tu vois à l’horizon, tu sais simplement que cela ne pourra pas durer, ces milliards de gens qui crèvent de faim et cette injustice absolue. On considère que ce sont là les problèmes à régler. Et ce n’est pas se dire simplement : il faut diminuer la natalité. C’est trouver des arrangements, les agencements mondiaux. Etre de gauche, c’est souvent que les problèmes du tiers monde, sont plus proche de nous que les problèmes de notre quartier. C’est vraiment une question de perception. Pas de belle âme. C’est ça d’abord être de gauche pour moi».