lundi 22 octobre 2007

Procrastination puissance 10

Jamais, dans ma longue vie de procrastinatrice, je n'ai atteint une telle maîtrise, un tel professionnalisme. Les papiers s'entassent, certaines lettres restent fermées pendant que d'autres sont lues de droite à gauche (elles sont pourtant bien écrites en français si si). Je crois même qu'à ce rythme, je n'aurai bientôt plus aucune existence administrative...
Il y a l'assurance maladie, la CAF, les impôts, la sécu et bien d'autres encore, mais le pire c'est quand même cette foutue carte d'identité!!!
Tous les papiers sont dans mon sac depuis des mois, je sais que je dois aller déposer mon dossier de renouvellement mais j'en suis incapable. Incapable de me décider à aller à la préfecture de Police de Paris. Blocage total. En attendant, je me fais des frayeurs (et des films) parce que si je me fais contrôler par un fonctionnaire du Sarkoland, je risque de me retrouver en centre de rétention vite fait bien fait. Je n'ai aucun papier sur moi. Pas de passeport (il est périmé et au fond d'un tiroir dans le Sud), pas de permis de conduire (jamais eu), et plus de carte d'identité. La loose! Reste mon pass navigo mais je crois pas que ça suffira pas à apaiser monsieur l'agent. Quand je parle de ma vie de "sans-papiers" avec des vrais sans-papiers du côté de Barbès ou de Belleville, ça les fait marrer. Je trouve pas ça drôle moi. Pourquoi moi et pas eux? D'accord, contrairement à eux, je suis considérée comme française même si comme eux, sur parole (et à vue d'oeil) on peut en douter! C'est triste non? Tant d'histoires pour un morceau de papier plastifié et une peau un peu trop bronzée?
Pour me rassurer, je me dis qu'il reste les empreintes digitales, seul moyen à ce jour d'échapper à un mois de misère en centre de "dé/ré-tention" suivi d'un aller simple Paris/Casablanca.
Maintenant que je t'en parle, le doute me saisit camarade, je suis pas persuadée qu'au commissariat de la Goutte d'Or, ils soient équipés de ce genre de fichiers informatiques. Chez eux, c'est plutôt chatterton et flashball...
Demain, je vais à la préfecture.